|
Catherine Dufour, on la compare parfois à Terry Pratchett, si ce
n'est qu'elle est une femme et française de surcroît. A coup sûr,
il ne faut pas ouvrir l'un de ses livres en comptant garder son
sérieux. L'immortalité moins six minutes ne fait pas
exception.
Et ca commence très fort avec un trio de fées plus atteintes les
unes que les autres. Ajoutez à cela, un amoureux elfe noir éconduit,
des métis ogro-nains, et vous commencez à avoir une idée de ce que
cela peut donner. Grosso modo, la fin du monde approche à grand
pas !
L'accroche est donc très dynamique, servie par un style vif, direct
et audacieux. C'est d'ailleurs le point fort de l'auteur :
elle a clairement un don pour les formules, non pas magiques,
mais marquantes et tant mieux quand en plus c'est drôle. Sans
chercher à vouloir à tout prix glisser le bon mot, on assiste
au contraire à de petites touches habiles d'humour. Un très
bon point pour le coup.
Néanmoins, si les premier et dernier tiers sont originaux et
très frais à lire, le second s'avère plus rebutant à cause du
thème abordé. En effet, il est consacré à une parodie de quête.
Devinez laquelle ? Celle du Seigneur des Anneaux,
bien sûr ! C'est dommage car l'on passe 100 pages dénuées
de suspens. On aurait souhaité retrouver un autre procédé
stylistique, voire un minimum de différences, même si l'éclairage
apporté par les fées sur le périple de Frodo et l'anneau reste
très humoristique.
En conclusion, ce volume laisse une sensation mitigée. Certaines
blagues sont vraiment bien trouvées et la fin sait se montrer
novatrice. Mais le milieu du volume avec sa lenteur vient pénaliser
l'ensemble. Une lecture tout indiquée donc pour se faire un petit
plaisir sur la plage.
|