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Les amateurs de
l'humour caustique et de la plume inspirée
de Roger Zelazny seront enchantés de le
voir revisiter les mythes et l'Histoire en compagnie
de son collègue Robert Shecley.
C'est à travers trois romans, Apportez-moi
la tête du prince charmant, à
Faust, Faust et demi, et Le Démon
de la farce que les auteurs nous présentent
leur propre conception de la lutte entre le Bien
et le Mal par l'intermédiaire du personnage
récurrent aux trois oeuvres d'Azzie Elbub,
démon intelligent en quête de reconnaissance
et de coups fourrés. Et avec ce héros
haut en couleur ce sont toutes les grandes icônes
qui sont mises à mal.
En effet, l'Enfer comme le Paradis sont gangrenés
par une administration tatillonne, et les grandes
figures angéliques et démoniaques
sont souvent réduites à un rôle
de chef de cabinet gonflé de sa propre
importance.
Mais outre la présentation caricaturale
de ces deux extrêmes de la Moralité,
c'est l'Histoire elle-même et les mythes
qui l'accompagnent qui sont passés au crible
avec la réécriture de certains passages
clés. Un prince Charmant au coeur de pleutre
monté sur une chèvre, Faust représenté
en alchimiste de génie mais dépassé
par les évènements pour vendre son
âme à un diable plutôt distrait,
Achille qui s'avère être incapable
d'aligner plus de deux phrases à la suite....
Les personnages loufoques et les situations incongrues
se succèdent avec frénésie
dans une cascade de rebondissements et de jeux
de mots décalés. Cependant, le comique
n'obère pas l'histoire elle-même
qui s'avère de son côté très
agréable à suivre avec un suspense
important en dépit de certains passages
plus lents comme dans le dernier roman. La lecture
jubilatoire n'est tempérée que par
quelques moments plus obscurs à comprendre
qui n'altèrent pas le plaisir de lecture.
A l'origine les trois romans étaient indépendants
et Apportez-moi
la tête du prince charmant avait
même été critiqué sur
le site, mais en raison des liens qui les reliaient
ils ont été regroupés en
un seul volume par Folio SF en 2007. On aurait
tort de s'en plaindre car le prix qui en résulte
est bien plus avantageux pour nos bourses.

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