Retour au SeuilLes Webmestres, etc...Page PrécédentePage SuivanteMettez ce site dans vos favorisLes Forums concernant le film, Tolkien, la Fantasy, etc...Venez chatter !Venez signer ou lire le livre d' orCe site vous plait ? Conseillez le à un ami !Section achat d' Elbakin.net
 

Auteurs, E-mail : Thys
Auteurs, E-mail : Sylvadoc
Dernière Mise à jour : 21/12/2002

Index > Le Gouffre de Helm

Le Gouffre de Helm, l'ancienne forteresse de Rohan, est l'endroit où va se dérouler la première grande bataille de la Terre du Milieu. L'armée de 10 000 Ourouk-haï de Saroumane se lance dans la bataille avec un seul but, la destruction du monde des hommes.

"Sur cet éperon s'élevaient de grands murs de pierre anciene et à l'intérieur une tour. On disait qu'au temps lointain de la gloire du Gondor les rois de la mer avaient construit là cette place forte de leurs mains de géants. On l'appelait Fort le Cor, car les échos d'un coup de trompette donné sur la tour retentissaient dans le Gouffre derrière comme si des armées depuis longtemps oubliées sortaient en guerre des cavernes de sous les collines." ~ J.R.R. Tolkien

Interview avec Alex Funke, directeur de la photographie des effets visuels

La bataille du Gouffre de Helm n'est pas seulement la plus grosse scène d'action des Deux Tours, c'est l'une des batailles les plus importantes de toute la trilogie. Alors, quelle est l'arme secrète de Peter Jackson pour réaliser cette prouesse cinématographique ? Le département des miniatures. Alex Funke, Directeur de la photographie des effets visuels pour l'équipe des miniatures du Seigneur des Anneaux, parle du travail formidable de son équipe et de leur réussite a créer le gouffre de Helm.

J'ai rejoint le Seigneur des Anneaux avant que la production ait constitué l'équipe des miniatures, qui a été crée à partir de rien.

Nous avons trouvé un immeuble vide, nous l'avons rendu hermétique, et nous avons construit tout l'équipement de contrôle des mouvements, dont quatre énormes plates-formes élévatrices, parce qu'il n'y en avait aucune en Nouvelle-Zélande.

Assez tôt, nous avons commencé à appeler notre travail " bigatures ", parce que même si nous faisions des miniatures, elles étaient parfois énormes. Le gouffre de Helm en est un bon exemple.

Ca a demandé trois plateaux différents, dont deux que nous avons construit à l'endroit du gouffre de Helm, un quartier en dehors de Wellington, parce que nous avions besoin de la pièce. Le premier plateau est ce que nous appelons des constructions partielles en taille réelle, il y avait des bouts de remparts et de chemins de ronde assez grands pour que des acteurs s'y tiennent, et des pièces pour de vraies échelles, de vrais feux et ainsi de suite.

Et puis il y avait un plateau au quart de la taille réelle, que nous utilisions pour les plans larges de la forteresse. Nous ne pouvions pas faire vraiment de détail sur cette maquette parce qu'elle était exposée aux éléments, ça aurait disparu à la première pluie. Pour le vrai travail de détail, nous avons crée une maquette en intérieur au 1/35ème, c'est celle que nous avons utilisée pour les vues d'hélicoptère plongeantes au premier plan dans les scènes de bataille, et pour les prises survolant la tour, parce que ça n'aurait pas marché sur la maquette au quart de la taille. Une fois que le plateau a été fini, nous avons pu bloquer les prises et Peter a choisi l'emplacement des caméras. Alors nous avons rajouté encore plus de détails aux endroits que la caméra allait filmer.

C'est là que nous avons utilisé de la poussière ou des herbes de meilleure qualité. Parce que faire les herbes de la bonne taille ou mettre les marques des piétons où les troupes ont marché est ce qui vous donne l'impression que c'est une vraie scène.

L'une des parties principales du siège du Gouffre de Helm est quelque chose que Peter voulait, quand les orcs mettent une échelle sur le mur, que les défenseurs la poussent et qu'elle retombe en arrière. Ca a l'air simple, excepté que l'échelle n'aurait pas fait 100 pieds dans le monde réel et qu'il n'aurait jamais pu filmer ça.
Alors il a fallu le faire en partie en miniature et en partie par ordinateur. Nous avons utilisé la maquette au 1/35ème, en commençant avec une petite caméra qui filmait par-dessus le parapet et les défenseurs. Il y a des archers qui lancent des flèches, des gens qui jètent des lances et on voit l'échelle dépasser du parapet.

Alors que les orcs sont prêts à grimper, les défenseurs commencent à pousser l'échelle avec de grandes perches jusqu'à ce qu'elle atteigne une position verticale et s'écrase au sol. Les miniatures sont le plateau, l'ordinateur met les personnages sur les remparts et la foule des orcs en bas.

Nous avons essayé de simuler une vraie prise à petite échelle, nous avons dû faire bouger la caméra comme si elle était dans l'action. Pour faire ça, nous avons dû mettre la caméra très près du plateau.

C'est là que la caméra qui contrôle les mouvements a été utile. Elle est animée par un moteur et un ordinateur qui enregistre les mouvements de la caméra, ce qui vous permet de refaire exactement la même scène jusqu'à ce que vous ayez la bonne.
L'autre pièce de ce puzzle est un objectif tuba, comme un long périscope avec une caméra au bout.

Nous l'avons utilisé parce que nous avons souvent filmé très près de la maquette, et que la caméra ne passait pas. Ca représente une vision à hauteur du point de vue des acteurs, par exemple.

J'ai lu ce livre pour la première foi en 1961 et j'ai du le lire deux fois par les ans depuis. Je ne pensais pas qu'un film soit un jour réalisé.

Heureusement Peter a dit ce n'est pas une histoire d'effets spéciaux, il s'agit de raconter une histoire très émouvante, très sentimentale. Si on voit les effets, alors nous avons mal fait le travail. Peter est complètement voué à faire des films convaincants.

"Les hommes de cette région l'appelaient le Gouffre de Helm, d'après un héros des anciennes guerres qui y avait pris refuge. De plus en plus escarpé et étroit, il serpentait du nord vers l'intérieur à l'ombre du Thrihyrne, jusqu'au moment où les parois hantées de corbeaux s'élevaient comme de puissantes tours de part et d'autre, oblitérant toute lumière." ~ J.R.R. Tolkien

Un homme d'action : derrière les cascades du gouffre de Helm

En tant que coordinateur des cascades du Seigneur des Anneaux, George Ruge a mis en scène de nombreuses scènes d'action, mais peut-être aucune d'entre elles n'a-t-elle autant éprouvé ses compétences et son endurance que la bataille du Gouffre de Helm.

Cette séquence est l'une des réussites suprêmes des Deux Tours, mais pour l'homme chargé de rendre l'action assez réaliste pour le public et assez sûre pour l'équipe, ça a été une prise exténuante. Ici, Ruge raconte les longues nuits humides et le plaisir de voir le résultat.

Le Gouffre de Helm est une prise difficile, angoissante, toutes les nuits pendant des semaines, et la plupart du temps sous la pluie, qu'elle soit réelle ou artificielle. Le plateau était construit dans une carrière et les conditions étaient un vrai défi et un cauchemar logistique.

Nous avons développé une scène d'action qui inclus un grand nombre de personnes, des costumes, des prothèses, de la pluie, de la boue et des pierres pendant de nombreux jours sans sommeil (rappelez-vous que nous avons filmé de nuit).

Avant la fin, des T-shirts avaient commencé à circuler avec écrit " J'ai survécu au Gouffre de Helm ". Et je pense que ça veut tout dire. Mais nous sommes tous fiers d'avoir fait partie de cette scène. Mon travail a commencé bien avant que je n'arrive sur le plateau. J'avais crée les cascades d'après les notes de Peter, le script, les personnages et le story-board. Nous sommes passés par un processus épuisant de répétitions et de chorégraphies.

Beaucoup des membres du casting sont passés par des semaines d'entraînement avant de tourner. Ca m'a permis d'être plus créatif en composant l'action, parce qu'ils s'adaptaient très vite en termes physiques.

Viggo Mortensen a été sans aucun doute le plus habile du groupe à l'épée. Ian McKellen était un rêve, Orlando Bloom était fantastique, mais Viggo vivait vraiment son rôle. Il a travaillé sans répit à amener tous les aspects de son personnage à la vie, et j'en suis arrivé à le considérer comme un membre essentiel de mon équipe de cascadeurs, tellement il était bon.

Un jour de travail classique commençait vers midi avec les répétitions des scènes de la nuit. J'allais sur le plateau vers 17 heures, ce qui me permettait d'être un peu seul avant que l'équipe n'arrive. J'utilisais ce temps pour parcourir le plateau et visualiser ce que j'avais à faire cette nuit.

Nous filmions jusqu'au lever du soleil, alors je parcourais à nouveau le plateau et nous regardions le travail de la nuit suivante. Je rentrais vers 8 heures, et je dormais 3 ou 4 heures.

Il y avait un grand écran pour coordonner le tout, avec de 25 à 60 cascadeurs en plus des extras. Et les acteurs faisaient la plupart de leurs propres scènes d'action. Ils éprouvaient beaucoup de fierté à devenir leur personnage, à avoir les capacités et le désir de faire leurs propres cascades.

Nous avons tenté d'éviter les blessures à tout prix, mais avec le combat rapproché et le terrain difficile il y a eu quelques coupures et des chevilles foulées. Aucun des acteurs principaux n'a été blessé, mais je suis sûr qu'ils se sentaient comme s'ils avaient participé à une vraie bataille en rentrant tous les jours.

Le plus gros défi de la scène était de concevoir et de chorégraphier les scènes avec des cavaliers affrontant des piétons. Une fois que la bataille a commencé, la chorégraphie est respectée quelques secondes avant que les chevaux réalisent ce qui se passe

J'avais désigné des personnes au sol pour aider à contrôler les chevaux pendant la bataille, nous avons développé des techniques d'armes qui compensaient le comportement imprévisible des chevaux. Ces batailles ont fini par être bien, mais c'était une entreprise très stressante.

L'un des éléments les plus spectaculaires du Gouffre de Helm a été la pose des échelles, avec les orcs qui grimpaient et qui étaient repoussés. Il y avait des tapis de sol entre les échelles pour la sécurité, pour réceptionner les chutes et parce que nous étions un nombre limité, il fallait recycler les acteurs qui devaient monter et tomber plusieurs fois en une seule prise.

Et puis, il y a eu la scène de Legolas surfant sur un bouclier. Je pense que ça a dû prendre 10 prises, avec Orlando harnaché à un câble qui courait le long des escaliers. Le bouclier était attaché à ses pieds, et le défi pour lui était d'avoir l'air gracieux dans ce décor branlant. Il a fait du très bon travail.

Mon but au Gouffre de Helm, et dans Le Seigneur des Anneaux, a été de créer plusieurs couches dans l'action. Je voulais qu'il se passe plusieurs choses, sans qu'elles soient particulièrement l'intérêt principal d'une prise.

Les séquences de bataille étaient aussi complexes que les cascades à cause de cette philosophie, et parce qu'il devait y avoir une synchronisation dans la folie de la bataille.
Je pense que le résultat est aussi bon que possible, et je regarde ces batailles comme des bijoux cinématographiques.

Index > Le Gouffre de Helm