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Le Gouffre de Helm | Le
Gouffre de Helm, l'ancienne forteresse de Rohan, est l'endroit où va se
dérouler la première grande bataille de la Terre du Milieu. L'armée
de 10 000 Ourouk-haï de Saroumane se lance dans la bataille avec un seul
but, la destruction du monde des hommes. 


"Sur
cet éperon s'élevaient de grands murs de pierre anciene et à
l'intérieur une tour. On disait qu'au temps lointain de la gloire du Gondor
les rois de la mer avaient construit là cette place forte de leurs mains
de géants. On l'appelait Fort le Cor, car les échos d'un coup de
trompette donné sur la tour retentissaient dans le Gouffre derrière
comme si des armées depuis longtemps oubliées sortaient en guerre
des cavernes de sous les collines." ~ J.R.R.
Tolkien Interview avec Alex Funke, directeur
de la photographie des effets visuels
La bataille
du Gouffre de Helm n'est pas seulement la plus grosse scène d'action des
Deux Tours, c'est l'une des batailles les plus importantes de toute la
trilogie. Alors, quelle est l'arme secrète de Peter Jackson pour réaliser
cette prouesse cinématographique ? Le département des miniatures.
Alex Funke, Directeur de la photographie des effets visuels pour l'équipe
des miniatures du Seigneur des Anneaux, parle du travail formidable de
son équipe et de leur réussite a créer le gouffre de Helm.
J'ai rejoint le Seigneur des Anneaux avant que la
production ait constitué l'équipe des miniatures, qui a été
crée à partir de rien. Nous avons trouvé
un immeuble vide, nous l'avons rendu hermétique, et nous avons construit
tout l'équipement de contrôle des mouvements, dont quatre énormes
plates-formes élévatrices, parce qu'il n'y en avait aucune en Nouvelle-Zélande. Assez
tôt, nous avons commencé à appeler notre travail " bigatures
", parce que même si nous faisions des miniatures, elles étaient
parfois énormes. Le gouffre de Helm en est un bon exemple. Ca
a demandé trois plateaux différents, dont deux que nous avons construit
à l'endroit du gouffre de Helm, un quartier en dehors de Wellington, parce
que nous avions besoin de la pièce. Le premier plateau est ce que nous
appelons des constructions partielles en taille réelle, il y avait des
bouts de remparts et de chemins de ronde assez grands pour que des acteurs s'y
tiennent, et des pièces pour de vraies échelles, de vrais feux et
ainsi de suite.
Et puis il y avait un plateau au quart de
la taille réelle, que nous utilisions pour les plans larges de la forteresse.
Nous ne pouvions pas faire vraiment de détail sur cette maquette parce
qu'elle était exposée aux éléments, ça aurait
disparu à la première pluie. Pour le vrai travail de détail,
nous avons crée une maquette en intérieur au 1/35ème, c'est
celle que nous avons utilisée pour les vues d'hélicoptère
plongeantes au premier plan dans les scènes de bataille, et pour les prises
survolant la tour, parce que ça n'aurait pas marché sur la maquette
au quart de la taille. Une fois que le plateau a été fini, nous
avons pu bloquer les prises et Peter a choisi l'emplacement des caméras.
Alors nous avons rajouté encore plus de détails aux endroits que
la caméra allait filmer. C'est là que nous
avons utilisé de la poussière ou des herbes de meilleure qualité.
Parce que faire les herbes de la bonne taille ou mettre les marques des piétons
où les troupes ont marché est ce qui vous donne l'impression que
c'est une vraie scène. L'une des parties principales
du siège du Gouffre de Helm est quelque chose que Peter voulait, quand
les orcs mettent une échelle sur le mur, que les défenseurs la poussent
et qu'elle retombe en arrière. Ca a l'air simple, excepté que l'échelle
n'aurait pas fait 100 pieds dans le monde réel et qu'il n'aurait jamais
pu filmer ça. Alors il a fallu le faire en partie en miniature et en
partie par ordinateur. Nous avons utilisé la maquette au 1/35ème,
en commençant avec une petite caméra qui filmait par-dessus le parapet
et les défenseurs. Il y a des archers qui lancent des flèches, des
gens qui jètent des lances et on voit l'échelle dépasser
du parapet. Alors que les orcs sont prêts à
grimper, les défenseurs commencent à pousser l'échelle avec
de grandes perches jusqu'à ce qu'elle atteigne une position verticale et
s'écrase au sol. Les miniatures sont le plateau, l'ordinateur met les personnages
sur les remparts et la foule des orcs en bas. Nous avons
essayé de simuler une vraie prise à petite échelle, nous
avons dû faire bouger la caméra comme si elle était dans l'action.
Pour faire ça, nous avons dû mettre la caméra très
près du plateau. C'est là que la caméra
qui contrôle les mouvements a été utile. Elle est animée
par un moteur et un ordinateur qui enregistre les mouvements de la caméra,
ce qui vous permet de refaire exactement la même scène jusqu'à
ce que vous ayez la bonne. L'autre pièce de ce puzzle est un objectif
tuba, comme un long périscope avec une caméra au bout. Nous
l'avons utilisé parce que nous avons souvent filmé très près
de la maquette, et que la caméra ne passait pas. Ca représente une
vision à hauteur du point de vue des acteurs, par exemple. J'ai
lu ce livre pour la première foi en 1961 et j'ai du le lire deux fois par
les ans depuis. Je ne pensais pas qu'un film soit un jour réalisé.
Heureusement Peter a dit ce n'est pas
une histoire d'effets spéciaux, il s'agit de raconter une histoire très
émouvante, très sentimentale. Si on voit les effets, alors nous
avons mal fait le travail. Peter est complètement voué à
faire des films convaincants. 
"Les
hommes de cette région l'appelaient le Gouffre de Helm, d'après
un héros des anciennes guerres qui y avait pris refuge. De plus en plus
escarpé et étroit, il serpentait du nord vers l'intérieur
à l'ombre du Thrihyrne, jusqu'au moment où les parois hantées
de corbeaux s'élevaient comme de puissantes tours de part et d'autre, oblitérant
toute lumière." ~ J.R.R.
Tolkien Un homme d'action : derrière
les cascades du gouffre de Helm
En tant que
coordinateur des cascades du Seigneur des Anneaux, George Ruge a mis en
scène de nombreuses scènes d'action, mais peut-être aucune
d'entre elles n'a-t-elle autant éprouvé ses compétences et
son endurance que la bataille du Gouffre de Helm. Cette
séquence est l'une des réussites suprêmes des Deux Tours,
mais pour l'homme chargé de rendre l'action assez réaliste pour
le public et assez sûre pour l'équipe, ça a été
une prise exténuante. Ici, Ruge raconte les longues nuits humides et le
plaisir de voir le résultat. Le Gouffre de Helm est
une prise difficile, angoissante, toutes les nuits pendant des semaines, et la
plupart du temps sous la pluie, qu'elle soit réelle ou artificielle. Le
plateau était construit dans une carrière et les conditions étaient
un vrai défi et un cauchemar logistique. Nous avons
développé une scène d'action qui inclus un grand nombre de
personnes, des costumes, des prothèses, de la pluie, de la boue et des
pierres pendant de nombreux jours sans sommeil (rappelez-vous que nous avons filmé
de nuit). Avant la fin, des T-shirts avaient commencé
à circuler avec écrit " J'ai survécu au Gouffre de Helm
". Et je pense que ça veut tout dire. Mais nous sommes tous fiers
d'avoir fait partie de cette scène. Mon travail a commencé bien
avant que je n'arrive sur le plateau. J'avais crée les cascades d'après
les notes de Peter, le script, les personnages et le story-board. Nous sommes
passés par un processus épuisant de répétitions et
de chorégraphies. Beaucoup des membres du casting
sont passés par des semaines d'entraînement avant de tourner. Ca
m'a permis d'être plus créatif en composant l'action, parce qu'ils
s'adaptaient très vite en termes physiques. Viggo
Mortensen a été sans aucun doute le plus habile du groupe à
l'épée. Ian McKellen était un rêve, Orlando Bloom était
fantastique, mais Viggo vivait vraiment son rôle. Il a travaillé
sans répit à amener tous les aspects de son personnage à
la vie, et j'en suis arrivé à le considérer comme un membre
essentiel de mon équipe de cascadeurs, tellement il était bon. Un
jour de travail classique commençait vers midi avec les répétitions
des scènes de la nuit. J'allais sur le plateau vers 17 heures, ce qui me
permettait d'être un peu seul avant que l'équipe n'arrive. J'utilisais
ce temps pour parcourir le plateau et visualiser ce que j'avais à faire
cette nuit. Nous filmions jusqu'au lever du soleil, alors
je parcourais à nouveau le plateau et nous regardions le travail de la
nuit suivante. Je rentrais vers 8 heures, et je dormais 3 ou 4 heures. Il
y avait un grand écran pour coordonner le tout, avec de 25 à 60
cascadeurs en plus des extras. Et les acteurs faisaient la plupart de leurs propres
scènes d'action. Ils éprouvaient beaucoup de fierté à
devenir leur personnage, à avoir les capacités et le désir
de faire leurs propres cascades. Nous
avons tenté d'éviter les blessures à tout prix, mais avec
le combat rapproché et le terrain difficile il y a eu quelques coupures
et des chevilles foulées. Aucun des acteurs principaux n'a été
blessé, mais je suis sûr qu'ils se sentaient comme s'ils avaient
participé à une vraie bataille en rentrant tous les jours.
Le
plus gros défi de la scène était de concevoir et de chorégraphier
les scènes avec des cavaliers affrontant des piétons. Une fois que
la bataille a commencé, la chorégraphie est respectée quelques
secondes avant que les chevaux réalisent ce qui se passe J'avais
désigné des personnes au sol pour aider à contrôler
les chevaux pendant la bataille, nous avons développé des techniques
d'armes qui compensaient le comportement imprévisible des chevaux. Ces
batailles ont fini par être bien, mais c'était une entreprise très
stressante. L'un des éléments les plus spectaculaires
du Gouffre de Helm a été la pose des échelles, avec les orcs
qui grimpaient et qui étaient repoussés. Il y avait des tapis de
sol entre les échelles pour la sécurité, pour réceptionner
les chutes et parce que nous étions un nombre limité, il fallait
recycler les acteurs qui devaient monter et tomber plusieurs fois en une seule
prise. Et puis, il y a eu la scène de Legolas surfant
sur un bouclier. Je pense que ça a dû prendre 10 prises, avec Orlando
harnaché à un câble qui courait le long des escaliers. Le
bouclier était attaché à ses pieds, et le défi pour
lui était d'avoir l'air gracieux dans ce décor branlant. Il a fait
du très bon travail. Mon but au Gouffre de Helm, et
dans Le Seigneur des Anneaux, a été de créer plusieurs
couches dans l'action. Je voulais qu'il se passe plusieurs choses, sans qu'elles
soient particulièrement l'intérêt principal d'une prise. Les
séquences de bataille étaient aussi complexes que les cascades à
cause de cette philosophie, et parce qu'il devait y avoir une synchronisation
dans la folie de la bataille. Je pense que le résultat est aussi bon
que possible, et je regarde ces batailles comme des bijoux cinématographiques.
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