À l’occasion d'une nouvelle vidéo de sa série « SanderFAQ » publiée sur sa chaîne YouTube, l'auteur est revenu sur une question qu'on lui pose apparemment souvent (ah bon ?) depuis le début de sa carrière : pourquoi ses grandes sagas de fantasy ne mettent-elles pas en scène d'elfes ou de nains ?
Il explique que lorsqu'il a commencé à écrire, à la fin des années 1990 et au début des années 2000, la fantasy était encore très fortement marquée par l’influence de J. R. R. Tolkien. Une influence d'autant plus visible à l’époque avec le succès mondial de l’adaptation cinématographique du Seigneur des Anneaux réalisée par Peter Jackson. Selon Sanderson, de nombreux romans reprenaient alors directement des éléments issus de l’univers tolkienien.
À tel point qu'il avait lui-même rédigé à l’époque un essai provocateur intitulé « How Tolkien Ruined Fantasy », qu'il reconnaît aujourd’hui comme volontairement outrancier. Avec le recul, Sanderson admet également s'être montré « un peu snob » en expliquant aux lecteurs ce qu’ils devraient ou non apprécier.
Son objectif était surtout d'explorer d’autres voies. Pour lui, la fantasy devait rester le genre de l'imagination sans limites, capable de proposer des approches différentes. Il a donc choisi de privilégier des récits davantage centrés sur les humains plutôt que sur des peuples fantastiques classiques. Et lorsqu'il décide d'introduire des créatures imaginaires, il préfère inventer ses propres races plutôt que de reprendre des archétypes proches des elfes ou des nains.
L'auteur fait toutefois une exception notable : les dragons. Sanderson reconnaît en effet qu'imaginer une créature possédant la même puissance symbolique et la même aura qu'un dragon s'avère particulièrement difficile.
Aujourd’hui, l'écrivain affirme avoir largement nuancé son point de vue et dit même redécouvrir Tolkien grâce aux livres audio narrés par Andy Serkis. Plutôt que de vouloir « tuer les elfes », comme le suggérait le titre de son ancien essai, Sanderson conclut que chaque auteur devrait simplement écrire ce qu'il aime. Selon lui, il reste encore largement de la place pour de nouvelles idées, même autour de concepts déjà explorés par Tolkien dans les années 1950 et 1960.
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